Toutes les réponses de la Vie peuvent être trouvées en chacun de nous, encore faut-il laisser s'ouvrir les bonnes portes...

Le réseau HOLISCAL :

HOLISCAL est un réseau de bio thérapeutes holistiques qui œuvrent au sein d'une association créée en 2014 engagée dans des initiatives d’Économie Solidaire et de soutien à des causes  humanitaires.

 

 

Le rôle du bio thérapeute holistique

Le bio thérapeute est un artisan du maintien de l’équilibre de vie (...) 

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Holistiquement...

 

Pascal

 


Nouvelle d'automne : "Isydreen a appelé..."


 

Isydreen a appelé…

 

 

Olëg se prépare un café à l’ancienne et ça fait bien marrer ses amis qui le traite d’attardé. Mais il est aussi le seul à avoir une ferme de données. Cet élevage, bien que contraignant, est sa fierté et l’a rendu riche. Et lorsqu’on est riche, savourer le café fait dans une cafetière italienne, c’est sans doute excentrique mais pas ridicule. Et puis, c’est surtout un souvenir de son arrière grand-père.

 

Mais, à peine savourée la première gorgée aux arômes subtils, la sonnerie du téléphone le fait sursauter. En tant que réserviste, il risque à tout instant d’être appelé pour un nouveau conflit. Ses états de services sont éloquents : sous-officier aux multiples distinctions, il a participé à la cyber-révolution des anciennes colonies et plus récemment à la guerre humanitaire dans la galaxie du Deep blue.

 

Il pose sa tasse de café encore fumante et part sans attendre. Isydreen a appelé... Au ton de sa voix, il ne pouvait s’attendre qu’à de mauvaises nouvelles. Jadis, elle lui avait sauvé la vie alors qu’il était piégé dans le Nerdland. C’était une vraie Dork, elle savait voir la moindre parcelle de  lumière cachée, même si cela la faisait beaucoup trop souffrir.

 

Néanmoins, c’est grâce à elle que Olëg est devenu éleveur à son compte. Il élève des données, les croise, les sélectionne et les revends lorsqu’elles sont devenues capables de se reproduire. Mais ce matin, un étrange pressentiment lui taraude l’esprit. L’appel d’Isydreen était bref et angoissé. Etant son seul ami il espère, malgré son inquiétude, la trouver chez elle afin d’en savoir plus.

 

Arrivé peu avant son bloc, il suspend sa course. En équilibre sur un sentiment paradoxal il ne sait quoi choisir entre une prudente inspection des alentours et l’impatience de voler au secours de son amie. Bien lui en a pris car soudain les impacts claquent autour de lui. Un pas de plus et il était définitivement effacé. Derrière lui une voix affaiblie s’adresse à lui :

 

- « Olëg c’est moi. Ne te retourne pas car j’ai perdue l’apparence que tu me connaissais. Ecoute-moi attentivement: tu es notre dernier espoir. Pars immédiatement de ce système et va retrouver les tribus du Deep blue et avec leur aide, organise la rébellion. On se reverra plus tard. »

 

M’étant retourné, je n’ai rien vu d’autre qu’une flaque d’eau grise. Depuis des années je suis médicalement suivi. On m’a diagnostiqué les symptômes du trouble bipolaire. A présent, je me retrouve au milieu de la rue, au cœur d’un trafic indifférent à mon trouble. Peut-être suis-je encore dans un de ces jeux en réalité augmentée ? La seule façon de le savoir est de fermer les yeux et de traverser. Pour voir…

 

J’avance dans le trafic et… Rien ! Je suis seulement traversé d’images fugitives et cela me fait sourire. Je bifurque et remonte à contre-courant le flux des véhicules, tout fier de ma bravade. Après tout, contrôler ses rêves fut le premier enseignement d’Isydreen. J’écarte les bras et m’ordonne de voler. Trop facile, vraiment ! Me voici au-dessus de la route, des maisons et des immeubles, glissant dans les airs.

 

Oups ! Aurai-je oublié son second enseignement ? Ne rien faire sans un but précis, sinon le programme nous capturera et nous ne deviendrons qu’un stock de données, une ressource recherchée. Donc, cap vers Deep blue, che viva la rébellion ! Soudain, dans la froide immensité de l’espace, je prends  conscience de la puissance infinie de la pensée libérée de la réalité matérielle.

 

Me voici en approche du système du Deep blue. Des astres qui la constituent seule Humboldt 21 est habitée en permanence par une civilisation tribale qui voue une sainte horreur à toute forme de technologie. Ce sont avant tout des mystiques. Ils croient à la réalité de la non dualité. La première fois qu’Isydreen a tenté de m’expliquer ce concept, elle m’a cité l’Upanishad de Rudra Hridaya :

 

“ Il y a deux oiseaux qui résident en ce corps, l'âme individuelle et l'Âme suprême.  L'âme individuelle se nourrit des fruits de ses actes, tandis que l'Âme suprême n'est affectée par rien. Elle est uniquement le Témoin. Elle n'accomplit aucun acte. Elle ne fait que prendre, grâce à Sa propre Maya, la forme de l'âme individuelle, tout comme l'espace contenu à l'intérieur d'un pot semble illusoirement différer de l'espace extérieur et prendre la forme du pot. En réalité, tout est Shiva, tout est non-dualité, tout est Unicité absolue. Il n'existe aucune différence, de quelque sorte que ce soit. ”

 

Parfois, je me remémore ces paroles qui résonnent toujours en moi, bien que mon intellect décroche aussitôt. J’entends encore rire Isydreen de voir mes vains efforts à recevoir cette lumière sans doute trop pure et aussi à cause de mon visage qui, selon elle, ressemble assez bien à celui du nouveau né saisi par la soudaine distance entre sa réalité d’être et la chaleur de son rêve. Parfois elle m’agace un peu de tout comprendre de mes moindres émotions. Mais à présent, je dois dire qu’elle me manque horriblement !

 

Me voici sur la Grand’place de la capitale d’Humboldt 21. La foule s’éloigne de moi. Des aigles aux yeux rouges tournoient dans le ciel laiteux en décrivant des spirales. Une femme au port altier, tout de blanc vêtue, s’approche. Il y a quelque chose en elle qui m’est familier, mais que je n’arrive pas à définir… Elle s’arrête et lève la main. Puis sa voix me submerge aux tréfonds de moi : 

 

- « Trop tard, Olëg de la planète Terre !  »

 

Les aigles lancent sur moi leurs rayons et mon âme, telle une flaque grise, est à présent nue. Il ne me reste plus qu’à me laisser emporter dans l’Âme suprême. En moi, les murs s’écroulent, les portes se dégondent et les fenêtres éclairent au-delà de toute pensée. Je ne vois plus, mais je suis chaque chose, chaque être, l’Un infini. Je ressens quelque part une parcelle de vide qui résiste, comme une menace grandissante prête à anéantir le Deep blue.

 

La voix d’Isydreen me dévoile alors un nouvel enseignement :

 

- « Olëg, ce vide qui te semble menaçant est né de toi. Accueille le sans peur, comme une composante d’un équilibre qu’il te faut créer. Car tu es à présent le créateur de ton propre équilibre. Le trouble bipolaire dont tu souffrais n’était que la pointe acérée de cette perception du sacré qui t’a été donnée. La rébellion et l’armée régulière ne sont que des projections des deux forces qui agissent en toi. Ne laisse aucune d’elles te dominer et tes pas sèmeront la paix. »

 

- « Isydreen, te reverrai-je un jour ? »

 

- « Pourrais-tu aimer une ombre de ta nuit ? »

 

- « Oui, car tu es devenue essentielle à la lumière que j’ai reçue de toi ! »

 

- « Je vois qu’il y a en toi une énergie qui fait éclore l’espoir du cœur le plus glacé. Se peut-il que ce soit l’Amour ? »

 

Ce rire qui suivi, Olëg le reconnu aussitôt. Telle qu’il l’a toujours connue elle lui apparu. Ils se donnèrent la main et devinrent une seule âme dans la Maya de leur être. Entre Isydreen et Olëg, il n'existe aucune différence, de quelque sorte que ce soit…

 

 

Il pose son stylo et reste plongé dans une méditation que rien ne peut interrompre. Puis il se lève avec lenteur, pose un regard autour de lui.  Un sifflement le ramène à la réalité, le café est monté. Il s’en verse une tasse, avec un demi sucre et le remue longuement regardant par la fenêtre la pluie tomber.

 

Dehors, la vie et la mort continuaient leur tragique représentation et tout le monde se cachait un œil d’une main pour ne voir qu’un aspect de la réalité. Enfin… presque tout le monde, se dit-il en dégustant son café noir dans une tasse en porcelaine blanche. Sur la première page d’un dossier de feuilles volantes, il écrit : Nouvelles pour mon arrière petit-fils.

 

Puis l’homme s’allonge tranquillement sur son lit. Le voile de la fenêtre se soulève. Un navire invisible au regard humain largue ses amarres et met le cap sur le système Deep blue, vers un lieu qu’il n’a plus revu depuis trop longtemps…

 

 

Texte extrait du recueil "Le Miroir d'Obsidienne" ISBN 978-2-9558826-0-3 - collection La Boussole Atlante (Ed. heptagone-éditions 2016)