Toutes les réponses de la Vie peuvent être trouvées en chacun de nous, encore faut-il laisser s'ouvrir les bonnes portes...

Le réseau HOLISCAL :

HOLISCAL est un réseau de bio thérapeutes holistiques qui œuvrent au sein d'une association créée en 2014 engagée dans des initiatives d’Économie Solidaire.

 

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Le rôle du bio thérapeute holistique

Le bio thérapeute est un artisan du maintien de l’équilibre de vie.

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Holistiquement...

 

Pascal

 


Poème de l'automne : "Delphinea"


 

Delphinea

 

 

Le monde ne fut pas toujours ce qu’il est aujourd’hui, loin s’en faut. Fragments de bateaux au sommet des montagnes ou bien civilisations entières englouties dans les abysses océaniques nous le rappellent. Si la tectonique des plaques nous permet de réécrire certains lambeaux de la mémoire géologique de notre monde, il y a en nous des sédiments de souvenirs et parfois même des fractures émotionnelles tellement déroutantes que même les recherches scientifiques les plus pointues s’y noient dans un océan de conjectures, toutes plus incertaines les unes que les autres.

 

 

Ainsi l’archipel des Açores serait, selon certains vieux loups de mer, ce qui resterait des plus hauts sommets d’un continent soit disant disparu : l’Atlantide. Mais alors comment expliquer la troublante symétrie des côtes africaines et sud américaines si, entre ces deux continents un autre continent aujourd’hui englouti s’y serait immiscé ?

 

 

Sur les parvis du palais la reine Delphinea salue une dernière fois ces hommes et femmes qui ont décidé de quitter la terre ferme de l’Atlantide sur laquelle il y a des millions d’années, leurs ancêtres ont posé leurs nageoires qui sont devenues des pieds et des mains en s’adaptant à ce nouvel environnement. Mais chez ce peuple devenu le maître incontesté des terres émergées, trop de murs ont malgré tout été érigés, trop d’injustices ont durci leur cœur et trop d’idéaux déçus ont convaincu certains qu’il leur fallait retourner dans leur élément d’origine : l’océan.

 

 

Une fois au contact de leur élément originel, chaque génération évoluait. Ainsi, leurs doigts se palmèrent et des branchies se rouvrirent. Leurs visages s’allongèrent et leur peau devint lisse et argentée sur un corps de plus en plus fuselé. C’est ainsi que ces premiers hommes retournés à l’océan devinrent les dauphins d’aujourd’hui. Des dauphins restés des mammifères avec une âme très proche de celle des hommes. Véritables sauveteurs des mers, on ne compte plus leurs interventions auprès de naufragés, car ils sont en réalité nos lointains cousins, un peu comme deux religions divergentes qui se serait découvert un patriarche commun.

 

 

Sur mon petit cotre de quarante deux pieds je surfe porté par les vents porteurs de l’atlantique nord. Tout autour de l’embarcation, ils nagent ondulant et jaillissant de l’eau pour m’offrir une chorégraphie aérienne de toute beauté. Les dauphins qui m’escortent semblent même jubiler du fait d’avoir retrouvé un de leurs lointains ancêtres, espèce terrestre s’aventurant sur un voilier dont la coque est un discret hommage à leur beauté. D’ailleurs, déployé depuis la delphinière un magnifique spinacker capte les alizés et me propulse à plus de douze  nautiques vers le port de La Rochelle, terme de ma navigation.

 

 

Devant la proue de mon navire, un dauphin jaillit et manque de heurter un des chandeliers de filière de la coque. Mu par une réflex instinctif, j’ai instantanément corrigé le cap du bateau pour l’éviter.  En le cherchant du regard j’ai juste eut le temps d’apercevoir une bille de bois filer entre deux eaux en sens inverse passer à quelques centimètres de mon bateau à la vitesse de douze nautiques. Sans l’extraordinaire intelligence de ce dauphin il est certain que la coque de mon petit cotre aurait explosé sous l’impact de la bille de bois et disparu avec moi par le fond.

 

 

Un frisson de peur panique me traverse alors. Sur la mer, il suffit parfois d’une fraction de seconde pour passer de la félicité à la terreur, sans que l’on ait rien pu voir venir. Je réduis la voilure, puis place mon esquif nez au vent. Les voiles faseillent en claquant bruillamment et la coque tangue et gîte comme un boxeur au bord du KO. Mon cœur bat comme s’il allait  exploser. Je regarde autour de moi et, étonnamment, tout est à sa place sur le bateau. Autour de la coque, agité de belles vagues vertes, l’océan me semble bien vide. Mes amis les dauphins sont partis et je me surprends quand même à sourire en repensant à leur bienveillance à mon égard.

 

 

Je hisse de nouveau les voiles, retrouve mon cap et progressivement mon allure, tout en repensant à la tectonique des évènements et de la dérive des émotions. Sans doute, me dis-je, que ce continent englouti existe en chacun de nous. Un continent où cohabitent paisiblement dauphins et hommes. Et puis je me mets à penser que, peut-être certains dauphins ont-ils pu faire le chemin inverse et revenir sur terre emportant en eux une âme d’artiste, sentinelle de tous les mystères de nos océans intérieurs.

 

 

 

 Tous droits déposés Pascal C.